Le moral des dirigeants de PME et d’ETI décroche face aux incertitudes économiques

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Le dernier baromètre Grant Thornton sonne l’alarme. La confiance des dirigeants de PME et ETI françaises s’effondre sur tous les fronts. Seul l’emploi sauve les meubles avec un léger sursaut.

Les chiffres viennent de tomber et ne laissent pas beaucoup de place à l’interprétation. La 156e édition du baromètre, menée par OpinionWay avec Challenges entre le 15 avril et le 11 mai auprès de 220 patrons d’entreprises au chiffre d’affaires qui dépasse 20 millions d’euros, dresse un tableau noir. Adam Nicol, président de Grant Thornton, parle d’une crise installée qui dure depuis mars.

La confiance dans sa propre société au plus bas

Le premier signal d’alerte, les dirigeants doutent maintenant de leur propre entreprise. Seuls 63 % se disent encore confiants pour l’activité de leur société. Il y a un recul de 3 points sur un mois. Du jamais vu depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. La tendance ne date pas d’hier puisque la dégringolade s’observe mois après mois depuis mars.

  • L’industrie et la construction restent les plus fragilisées avec 57 % de confiants, plombées par la facture énergétique.
  • Le vrai choc vient des services. Ce secteur amortisseur historique perd dix points d’un coup et tombe à 65 %.

L’économie française jugée plus mal que jamais

La perception de l’économie française devient encore plus violente à analyser. Seulement 16 % des dirigeants se déclarent confiants, soit une chute de 6 points sur le mois et de 22 points sur un an. Pour retrouver un niveau aussi bas, il faut remonter au pic de la crise sanitaire, quand le pays était littéralement à l’arrêt.

La croissance est restée nulle au premier trimestre. L’inflation a redémarré doucement à 2,2 % en avril sous l’effet des tensions énergétiques. Le climat des affaires est dans le rouge depuis des mois.

Du côté de l’international, le pessimisme est tout aussi marqué. Seuls 17 % des patrons interrogés disent avoir confiance dans l’économie mondiale, en repli d’un point. Les tensions géopolitiques persistantes pèsent. Les prix de l’énergie qui font le yo-yo aussi. La prudence est clairement le mode de fonctionnement par défaut.

L’emploi sauve la mise, mais juste un peu

Il y a une bonne nouvelle au milieu de ce marasme. Les intentions d’embauche remontent de 2 points à 13 %, pendant que les projets de réduction d’effectifs chutent de 4 points à 6 %. Le solde net progresse donc de 7 points.

Adam Nicol estime que tenir n’est pas encore rebondir. 81 % des dirigeants choisissent simplement de garder leurs équipes à niveau constant, sans recruter ni licencier. La rétention des talents prime sur tout le reste.

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