Google a officialisé le 4 juin le lancement des Search profiles, des pages dédiées aux créateurs et aux éditeurs de presse directement dans son moteur de recherche.
Le produit existait en version pilote depuis des mois. Des observateurs du SEO avaient repéré le dispositif sur 54 éditeurs américains sans que Google communique dessus. L’annonce du 4 juin met un nom officiel sur ce qui ressemblait à un test grandeur nature. Au vu du nom, Google veut aller au-delà de l’index. Le moteur de recherche se voit en carrefour de l’identité numérique des créateurs.
Un profil personnalisable rattaché au Knowledge Graph
Les créateurs éligibles récupèrent une page hébergée sur profile.google.com, avec une bannière, une bio, jusqu’à huit liens web et huit publications épinglées tirées de leurs réseaux sociaux. Le profil se rattache au Knowledge Panel de Google, ce petit encadré qui apparaît quand on tape le nom d’une personnalité. Les deux se nourrissent mutuellement. L’avatar, les contenus récents ainsi que les liens circulent entre le profil et le panneau.
Pour l’utilisateur, l’intérêt se situe dans la fonctionnalité Suivre. En s’abonnant depuis le profil, un lecteur alimente son fil Google Discover avec les contenus du créateur en question. Google formalise ainsi une relation directe entre éditeur et lecteur. Cela est comparable à une newsletter, mais intégrée dans l’application Google elle-même.
Les seuils d’accès restent élevés
Tout le monde ne pourra pas réclamer son profil ! Google exige au minimum 100 000 abonnés sur YouTube, Instagram ou X, et 300 000 sur TikTok. Le programme est limité aux États-Unis pour l’instant. Un seul profil par compte Google et il faut avoir 18 ans. Autant dire que la porte reste fermée à l’immense majorité des créateurs. Les profils auto-générés par Google existent déjà pour beaucoup d’éditeurs identifiés comme entités dans le Knowledge Graph, mais les fonctions enrichies restent réservées à ceux qui franchissent les seuils.

Un détail intéressant relevé par le site 1492.vision qui surveille environ 47 000 profils Discover dans sept langues. Parmi les 54 éditeurs du pilote américain, la moitié environ sont des chaînes de télévision locales ou de la presse régionale. Google ne vise pas seulement les grosses machines nationales.
Un outil pour compenser la pression des résumés IA
Ce lancement répond à un problème que Google a lui-même créé. Les résumés IA dans les résultats de recherche aspirent le trafic des éditeurs en répondant aux questions sans que l’utilisateur ait besoin de cliquer. Les Search profiles offrent aux créateurs une forme de compensation. Un espace de visibilité garanti, avec un lien de fidélisation qui ne dépend pas entièrement de l’algorithme.
Google précise dans sa FAQ que la création d’un profil n’affecte pas directement le classement dans Search. Le mot directement laisse la porte ouverte à des effets indirects liés aux signaux d’engagement. La section Insights, encore en bêta, donne accès à des données de performance via Search Console. Le produit ressemble de plus en plus à un Publisher Center version 2.0, sans que Google n’utilise ce terme.
