L’IA s’impose au travail, mais 8 % des entreprises continuent de la bannir en France

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L’enquête annuelle du Blog du Modérateur, menée auprès de 807 professionnels du digital, montre que 36 % des répondants travaillent dans une entreprise où l’IA est intégrée aux processus.

Un développeur web à Lyon ouvre Claude ou ChatGPT tous les matins pour générer du code, déboguer une fonction ou documenter une API. Son entreprise l’encourage vivement. À 300 kilomètres de là, une rédactrice dans un groupe de presse se fait rappeler par sa direction que l’utilisation de l’IA est interdite dans les articles publiés.

On est la même année, dans le même pays et avec la même technologie. Ce sont donc deux réalités professionnelles opposées. L’enquête BDM 2026, réalisée entre le 24 avril et le 29 mai en partenariat avec le cabinet SocIAty dévoile une vraie tendance.

IA dans le cadre pro
Capture BDM

36 % des entreprises ont franchi le cap

Plus d’un tiers des professionnels interrogés déclarent que l’IA fait partie intégrante des processus de travail dans leur organisation ou qu’elle est tout simplement obligatoire. La majorité, 55,8 %, évolue dans un entre-deux.

  • L’IA est encouragée ou tolérée.
  • Les salariés l’utilisent, la direction ne dit rien, personne ne pose les règles noir sur blanc.
  • Et 8,4 % des sondés travaillent encore pour un employeur qui déconseille ou interdit l’IA générative.

Le chiffre baisse tous les ans. Il était à 10,3 % en 2024. Il pourrait passer sous la barre des 5 % en 2027 si la tendance se maintient.

Les développeurs industrialisent et les commerciaux explorent

L’utilisation quotidienne de l’IA dans un workflow pertinent concerne 56,6 % des sondés. Le chiffre stagne par rapport à 2025. Ce qui progresse, par contre, concerne l’industrialisation. 11 % des professionnels utilisent désormais l’IA via des API et des agents spécialisés, contre moins de 8 % l’année dernière.

Les directions générales mènent le mouvement. 60,6 % d’entre elles travaillent dans des environnements où l’IA est obligatoire ou pleinement intégrée. Les développeurs suivent à 50,6 %, et 20,9 % d’entre eux ont atteint le stade de l’industrialisation.

Les secteurs et l'IA
Capture BDM

À l’opposé, les commerciaux traînent. 51,4 % d’entre eux n’ont pas dépassé la phase où l’on teste un prompt de temps en temps sans intégrer l’outil dans une routine. Ils testent, ils tâtonnent, mais rien n’est structuré.

La rédaction, un métier tiraillé

17,3 % déclarent que l’IA est obligatoire dans leur métier. Et 11,5 % travaillent dans une entreprise qui l’interdit. Les deux chiffres extrêmes cohabitent dans la même profession.

  • D’un côté, des rédactions imposent l’IA pour tenir les cadences de publication.
  • De l’autre, des médias refusent catégoriquement qu’un algorithme touche à un article.

La rédaction est le seul métier où l’IA pose une question d’identité professionnelle et pas seulement d’efficacité. Un développeur qui utilise Claude Code est un développeur. Un rédacteur dont les articles sont générés par l’IA n’est plus considéré comme un rédacteur. Dans tous les cas, il faut garder l’humain même si la machine prend de l’ampleur.

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