À partir du 13 juillet 2026, Office 2019 passera en lecture seule sur Mac, iPhone et iPad, même si vous avez acheté la licence dite perpétuelle en boîte.
L’argument officiel repose sur un détail technique. Un certificat de sécurité expire pile à cette date et la suite logicielle ne pourra pas être mise à jour pour rester compatible. Sur le papier, l’explication est pertinente. En pratique, on a affaire à une décision d’éditeur qui choisit le moment où ses propres logiciels cessent de fonctionner sur les machines de ses clients.
Qu’est-ce qui ne marche plus ?
Le verrouillage prévu pour l’été ne concerne pas tout le monde dans les mêmes proportions. Les détenteurs d’Office 2019 sur Mac, iPhone et iPad sont les premiers visés.
- Word, Excel et PowerPoint continueront d’ouvrir les fichiers existants, mais la moindre modification deviendra impossible.
- Ce sera aussi le cas de la sauvegarde ou de la création d’un nouveau document.
- Les copies physiques de la boîte achetées il y a quelques années se transformeront en un simple objet de collection.
Les utilisateurs d’iPhone ou d’iPad encore sous iOS 16 vont perdre carrément l’accès à leurs applications Office. Même les abonnés Microsoft 365 ou les propriétaires d’Office 2021 sont concernés s’ils tournent sous macOS 11 Big Sur. Sur Windows, le logiciel restera utilisable, mais sans aucun correctif de sécurité à l’avenir. Chaque faille découverte restera ouverte. Il s’agit d’une situation intenable pour une entreprise sérieuse sur la cybersécurité.
Trois options sur Mac
Microsoft propose plusieurs voies de sortie.
- L’abonnement Microsoft 365 est l’option mise en avant par l’éditeur.
- L’achat d’une licence Office 2021 dont le support s’arrête fin 2026.
- Le passage à Office 2024 qui exige macOS 14 Sonoma au minimum.
Aucune des trois pistes n’est gratuite. Toutes finissent par converger vers la même direction. Vous n’avez plus de logiciel acheté une fois pour toutes. Il y a juste des abonnements à renouveler indéfiniment.
Le fait d’acheter un logiciel et de l’utiliser pendant dix ans n’a plus de sens dans la stratégie de Microsoft. La firme préfère lisser ses revenus avec des paiements mensuels récurrents. Ces derniers sont beaucoup plus prévisibles pour ses analystes financiers. Le client perd par contre la propriété de ce qu’il utilise au quotidien.
Le débat de la souveraineté numérique gagne en intensité
La DINUM, la direction du numérique de l’État français, a commencé sa migration vers Linux et LaSuite. À Lyon, la municipalité a remplacé Office par OnlyOffice pour un budget trois fois plus faible. Neuf entreprises européennes dont Proton et Nextcloud préparent ensemble Euro-Office, une alternative bureautique souveraine et gratuite attendue pour cet été.
Pour ceux qui veulent quitter Microsoft sans attendre, les solutions ne manquent pas. Apple propose Pages, Numbers et Keynote gratuitement sur ses appareils. Du côté de logiciel libre, LibreOffice tient la route après des années de développement.
