Le 1er septembre 2026 approche et plus d’un tiers des entreprises françaises n’ont rien mis en place.
Le dernier baromètre OpinionWay pour l’Ordre des experts-comptables tire le signal d’alarme pendant que les amendes sont déjà gravées dans la loi. Quatre mois. C’est ce qu’il reste avant que la facture électronique devienne obligatoire pour toutes les entreprises en réception et en émission pour les grandes structures ainsi que les ETI. 38 % du tissu économique français n’a toujours pas bougé. Vous n’avez pas de plateforme choisie, de plan d’action lancé, pas d’inscription à l’annuaire national. On est au-delà du retard classique de dernière minute.
Tout le monde connaît la réforme, mais personne ne s’y colle
100 % des entreprises interrogées savent que la réforme existe. Savoir n’est pas agir.
- Seulement 27 % se disent opérationnelles.
- 21 % déroulent un plan.
- 14 % sont sur le point d’en lancer un, elles n’ont donc rien fait de concret.
Et puis il y a les experts-comptables, qui voient les choses depuis l’intérieur. Là où 62 % des dirigeants estiment être sur les rails, seuls 45 % des comptables partagent cet optimisme. Un écart de dix-sept points qui en dit long sur la tendance humaine à surestimer sa propre préparation. Quand la personne qui tient vos comptes vous dit que vous n’êtes pas prêt, il y a des chances qu’elle ait raison.
Les plus petits sont les plus exposés
Les entreprises individuelles concentrent l’essentiel du retard. Trois sur quatre n’ont pas un seul salarié sur leur fiche de paie et la plupart se débrouillent sans cabinet comptable. Elles manquent de temps, d’information, parfois de compétences numériques. Certaines pensent sincèrement ne pas être concernées. Elles le sont.
A peine un tiers des entreprises a arrêté son choix de plateforme agréée. 40 % ne connaissent même pas le nom d’une seule plateforme. L’Ordre a publié un comparatif de 47 plateformes destinées aux TPE-PME sur MaFacture-MonExpert.fr. Un outil utile à condition que les dirigeants concernés aient le réflexe d’aller le consulter.
Les amendes sont prêtes
La loi de finances 2026 ne plaisante pas.
- Une facture mal formatée ou envoyée par le mauvais canal ? 50 euros d’amende, avec un plafond annuel de 15 000 euros.
- Un oubli de transmission de données au titre du e-reporting ? 500 euros par manquement, même plafond.
- Et si vous ne pouvez pas prouver que vous utilisez une plateforme homologuée, comptez 500 euros au départ, puis 1 000 euros de majoration chaque trimestre jusqu’à la régularisation.
Ce barème n’est pas symbolique. Pour une TPE qui émet cinquante factures par mois, les chiffres grimpent vite.
Que faut-il retenir absolument ?
Les PME et TPE bénéficient d’un sursis pour l’émission, l’obligation ne tombera qu’en 2027. Mais la réception, elle, devient universelle en septembre.
Cela veut dire que même si vous n’envoyez pas encore de factures électroniques, vous devez être capable d’en recevoir dans quatre mois. Et pour ça, il faut une plateforme, un annuaire, un processus.
