Égalité salariale : un écart de 8,47% entre femmes et hommes

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L’égalité salariale entre les femmes et les hommes reste un sujet récurrent dans le débat public français. Si les entreprises publient désormais des indicateurs dédiés et que les pouvoirs publics multiplient les initiatives, la réalité des rémunérations est parfois difficile à mesurer précisément.

Pour apporter une photographie plus concrète du marché du travail, l’éditeur de logiciels de paie Silae publie la première édition de son Baromètre social trimestriel. Basée sur l’analyse de près de 6,7 millions de bulletins de paie issus de plus d’un million d’entreprises, majoritairement des TPE et PME, cette étude met en lumière les dynamiques réelles des rémunérations en France.

Un écart salarial moyen de 8,47%

Selon ce baromètre, l’écart salarial moyen entre femmes et hommes atteint 8,47% en équivalent temps plein, soit environ 179 euros nets par mois en faveur des hommes.

L’analyse montre aussi une différence marquée entre l’écart moyen et l’écart médian, qui s’établit à seulement 2,94%. Cette divergence suggère que l’inégalité salariale ne se répartit pas uniformément dans toutes les catégories de rémunération, mais se concentre plutôt dans les niveaux de salaire les plus élevés, où les hommes sont largement surreprésentés.

Ainsi, ils représentent 62% du quartile supérieur de rémunération, c’est à dire les salaires supérieurs à 3 750 euros bruts, contre seulement 38% de femmes.

Une tendance qui se creuse tout au long de la carrière…

L’un des enseignements les plus marquants du baromètre concerne l’évolution de cet écart avec l’âge. Chez les moins de 25 ans, la différence de rémunération se limite à 2,57%, mais elle atteint ensuite 4,03% entre 25 et 39 ans, 9,96% entre 40 et 49 ans, puis 14,90% après 50 ans.

Autrement dit, l’écart est multiplié par 5,8 au cours de la carrière. Cette progression traduit l’effet cumulatif de plusieurs facteurs, comme les interruptions de carrière liées à la parentalité, le recours plus fréquent au temps partiel ou encore les obstacles à l’accès aux postes à responsabilité.

Le plafond de verre reste particulièrement visible dans les fonctions de direction, où les femmes ne représentent que 26,29% des cadres dirigeants alors qu’elles constituent 44% de l’effectif total. Chez les cadres, l’écart salarial atteint d’ailleurs 13,37%, soit plus de 670 euros bruts par mois.

Le temps partiel et la précarité contractuelle accentuent les écarts

Le baromètre met également en évidence le rôle du temps partiel dans la construction des inégalités salariales, avec 35,18% des femmes qui travaillent à temps partiel, contre seulement 15,60% des hommes. Elles représentent ainsi près des deux tiers des salariés concernés par ce type d’organisation du travail.

Les femmes sont aussi davantage exposées aux contrats précaires, en particulier au début de leur carrière. En effet, près de 30% des femmes de moins de 25 ans occupent un emploi précaire, contre 22,8% des hommes. Une situation qui retarde l’accès à des trajectoires professionnelles plus stables et contribue à creuser progressivement les écarts de rémunération.

L’étude souligne par ailleurs de fortes disparités selon la taille des entreprises et les secteurs d’activité. Dans les entreprises de plus de 250 salariés, l’écart salarial atteint 18,22%, soit près de six fois celui observé dans les très petites entreprises.

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