Microsoft prépare un ajout à Teams qui va faire parler. L’application pourra bientôt repérer si un salarié se trouve dans les bureaux ou chez lui.
Votre portable se branche sur le WiFi de l’entreprise et Teams enregistre que vous êtes là. Vous travaillez depuis la table de la cuisine ? Le réseau ne correspond pas, Teams le voit. La fonctionnalité va même plus loin. Selon le point d’accès WiFi qui capte votre machine, elle peut deviner dans quelle aile du bâtiment vous êtes installé. Elle sait même à quel étage. Microsoft a baptisé ce concept le Workplace check-in via Wi-Fi. Faites donc attention si votre entreprise vous demande d’installer Teams. Elle a peut-être l’occasion de vous surveiller !

Microsoft a dû reculer avant de revenir
La fonctionnalité avait été présentée pour la première fois fin 2025. La réaction avait été suffisamment négative pour que Microsoft repousse le lancement à plusieurs reprises en 2026.
- L’outil sera désactivé par défaut au niveau de l’entreprise.
- Un administrateur sera susceptible de l’activer manuellement et de le configurer les points d’accès WiFi.
Deux modes seront ensuite déployés. Le mode opt-in demande au salarié d’accepter le suivi via une bannière. Le mode opt-out active le suivi par défaut, mais laisse la possibilité de le couper.
Le salarié peut couper la localisation. Il peut aussi déclarer son emplacement à la main, sans que le WiFi entre en jeu. Voilà pour la théorie. Dans les faits, une entreprise qui active la fonctionnalité et demande à ses 2 000 collaborateurs de la laisser tournée n’enfreint aucune règle technique. Microsoft a prévu le bouton off. Mais qui va appuyer dessus quand son manager a envoyé un mail la veille expliquant que le suivi WiFi fait désormais partie de la politique interne ?

Redmond vend de la coordination
Microsoft Places, la plateforme à laquelle le suivi WiFi est rattaché, ne garde aucun historique. Vous n’avez pas de journal des jours précédents, de pointage rétroactif. L’argumentaire officiel parle de déjeuners d’équipe organisés au dernier moment et de salles de réunion réservées quand trois personnes du même projet se croisent au troisième étage.
Personne dans un open space n’y croit vraiment. Les entreprises qui ont durci leurs règles de présentiel depuis un an ne cherchaient pas à améliorer la collaboration. Elles voulaient voir des bureaux pleins. Un DRH qui reçoit chaque matin un tableau automatique de présence par WiFi ne va pas organiser un afterwork avec. Il va comparer la liste avec les jours de télétravail déclarés. Et celui qui restait chez lui le vendredi en espérant que personne ne le remarque, va recevoir un mail dès le lundi suivant.
