Une étude remet en cause les gains de productivité promis par l’IA au travail

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Workday a interrogé 3 200 professionnels dans le monde entier. Pour dix heures que l’IA vous fait gagner, vous en perdez quatre à nettoyer ce qu’elle a produit. 

L’IA rédige vite et elle résume vite. Toutefois, ce qu’elle livre ressemble souvent à un premier jet qu’aucun stagiaire n’oserait envoyer sans relecture. Le rapport de Workday, présenté en marge du Forum de Davos, met un chiffre sur ce que beaucoup constatent sans pouvoir le prouver. Près de quatre heures sur dix gagnées grâce à l’IA sont englouties par le travail de reprise. 

Le vrai chiffre de la productivité IA

Une fois les corrections déduites, seuls 14 % des salariés tirent un bénéfice net de l’usage de l’IA. Ce constat ne concerne pas un secteur en particulier ni une région du monde. Il apparaît partout où l’IA a été déployée. En France, huit sondés sur dix passent au minimum une demi-heure par semaine à rectifier ce que l’IA a produit. Une demi-heure qui n’entre dans aucun indicateur de performance.

Les directions ne mesurent que les heures économisées, jamais celles perdues à corriger. 

Tout le monde ne perd pas au même rythme

Le rapport met en lumière un déséquilibre entre les profils. La tranche des 25/34 ans absorbe l’essentiel du nettoyage.

  • Les plus jeunes salariés se retrouvent à corriger les livrables bâclés.
  • Les équipes RH suivent de près, parce qu’un mail de recrutement truffé d’approximations peut coûter cher.

Les profils techniques s’en sortent. Ils utilisent l’IA pour détecter des anomalies, optimiser des architectures, automatiser des tâches où un résultat approximatif reste exploitable. De ce fait, la nature de la tâche compte plus que la puissance de l’outil.

Il faut former avant de déployer

Deux tiers des dirigeants jurent que monter en compétence sur l’IA fait partie de leurs priorités. Pourtant, à peine plus d’un tiers des salariés qui manipulent l’IA au quotidien ont bénéficié d’une vraie formation. En France, 39 % des patrons disent réinvestir dans l’accompagnement. Dans neuf entreprises sur dix, les fiches de poste n’intègrent toujours pas les tâches liées à l’IA.

On a distribué l’outil sans le mode d’emploi. Puis on a demandé aux personnes de produire plus vite. Puis on a compté les heures gagnées sans regarder celles perdues.

Les organisations qui réinjectent les bénéfices de l’IA dans la montée en compétence de leurs équipes dégagent forcément plus de valeur que celles qui empilent les abonnements. L’IA ne rend personne plus compétent. Elle amplifie ce que vous savez déjà faire. Si vous ne savez pas rédiger, elle ira juste plus vite pour produire quelque chose que quelqu’un d’autre devra corriger.

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