Alors que la France enchaîne les records de créations d’entreprise, un signal plus contrasté émerge du terrain. D’après une étude menée par Qonto avec l’institut Appinio auprès de 1 600 entrepreneurs en Europe, dont un échantillon représentatif en France, 24,5% des entrepreneurs français envisagent de redevenir salariés d’ici 2027.
Un chiffre qui place la France en tête en Europe, loin devant l’Italie à 16%, l’Espagne à 15% et l’Allemagne à 8,5%.
Une vocation choisie, rarement subie
Le paradoxe est frappant, car jamais l’envie d’entreprendre n’a été aussi forte, et pourtant, une part non-négligeable des dirigeants doute de la pérennité de leur statut.
Contrairement à certaines idées reçues, l’entrepreneuriat en France reste avant tout un choix assumé. Selon l’étude, 96% des répondants déclarent s’être lancés pour au moins une raison positive, et seuls 23% évoquent une contrainte, comme une perte d’emploi ou une mauvaise expérience dans le salariat.
Les motivations sont claires : 36% citent la recherche d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, 33% mettent en avant la liberté créative, et 19% la flexibilité. Pour 11% des entrepreneurs tricolores, l’indépendance reste même un levier pour reprendre le contrôle de leur temps.
La France apparaît d’ailleurs comme l’un des environnements perçus comme favorables à la création d’entreprise, selon 34% des sondés. L’acte de créer s’est largement simplifié ces dernières années, ce qui a nourri un sentiment d’accessibilité.
Par ailleurs, sur l’année 2025, plus de 1,16 million d’entreprises ont été créées, un record tous statuts confondus.
La pression financière, talon d’Achille des indépendants…
Si l’élan entrepreneurial est bien présent, la réalité du quotidien rattrape nombre de dirigeants. L’argent reste la première source d’inquiétude pour les répondants, et 32,5% des entrepreneurs se disent préoccupés par l’irrégularité de leurs revenus. La gestion de la trésorerie, la recherche de clients ou encore la fixation des prix sont cités par 36% des répondants comme des défis majeurs.
Le stress opérationnel, lié à la charge de travail et aux démarches administratives, concerne même 32% d’entre eux. Au delà de ces chiffres, l’acquisition client à 16%, la trésorerie à 15% et la complexité administrative à 12% pèsent également sur le moral.
Malheureusement, la conséquence directe est que seuls 7% des entrepreneurs français envisagent des investissements de croissance, contre 12% en moyenne ailleurs en Europe. La priorité est donnée à la sécurisation à court terme plutôt qu’au développement.
Auprès de Maddyness, comme l’explique Alexandre Prot, co-fondateur et CEO de Qonto, « les entrepreneurs n’abandonnent pas par manque d’envie« , mais parce que « la gestion financière devient trop lourde à porter au quotidien« . Derrière les ambitions de la French Tech et la dynamique des créations d’entreprise, se dessine ainsi un enjeu plus structurel : simplifier la gestion et redonner de la visibilité financière à celles et ceux qui ont fait le choix d’entreprendre…
