39% des métiers déjà menacés par l’IA : faut-il s’inquiéter ou s’adapter ?

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Depuis plusieurs années, l’intelligence artificielle est présentée comme une force de transformation progressive du marché du travail. Longtemps cantonnée à des scénarios prospectifs, son impact semblait encore lointain pour de nombreux métiers.

Pourtant, les dernières données montrent un changement d’échelle net où l’IA ne se contente plus d’expérimentations ciblées. A la place, elle s’intègre massivement dans les organisations et modifie en profondeur la nature même des tâches professionnelles…

Une accélération nette de l’impact de l’IA sur les métiers

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Cognizant vient de publier son rapport New Work, New World 2026, basé sur une réévaluation de 18 000 tâches et 1 000 métiers. L’étude s’appuie sur des « scores d’exposition« , qui mesurent la part des activités pouvant être assistées ou automatisées par l’IA.

Le constat est sans appel, avec un score d’exposition moyen qui atteint 39%, soit un niveau supérieur de 30% aux projections initiales pour 2032. Plus révélateur encore, la progression annuelle est désormais estimée à 9%, contre 2% dans les premières analyses. Autrement dit, les effets anticipés à horizon dix ans sont déjà largement visibles.

Certains secteurs connaissent une hausse spectaculaire, comme les métiers juridiques qui voient leur score passer de 9% à 63%, l’éducation de 11% à 49%, et les professions de santé de 10% à 39%.

Même les fonctions de direction sont concernées, avec des scores qui grimpent jusqu’à 60% pour certains rôles exécutifs.

Travail intellectuel et travail manuel : une recomposition inattendue

Contrairement aux idées reçues, les métiers du numérique et des mathématiques ne figurent plus parmi les plus exposés. En effet, cette évolution suggère que l’IA atteint plus rapidement ses limites dans certaines activités hautement spécialisées, où l’expertise humaine reste difficile à reproduire.

À l’inverse, l’impact s’accélère dans des secteurs manuels, longtemps considérés comme relativement protégés. Dans les transports, le score d’exposition est passé de 6% à 25%, tandis que la construction progresse de 4% à 12%. L’automatisation de tâches opérationnelles, combinée à des systèmes d’IA embarqués, redéfinit progressivement ces métiers.

Au total, Cognizant estime que l’IA est déjà capable de prendre en charge l’équivalent de 4 500 milliards de dollars de tâches de travail aux États-Unis. La part des tâches non-automatisables a chuté, passant de 57% en 2023 à 32% aujourd’hui.

Un potentiel massif, conditionné par l’humain

Malgré cette avancée rapide, l’étude souligne que l’IA ne peut fonctionner seule, avec plus de 40% des tâches liées au management, à la finance ou à l’administration qui échappent encore à l’automatisation.

Le rapport insiste sur la nécessité de modèles organisationnels flexibles et d’un effort continu de formation pour permettre aux salariés de tirer parti de ces outils.

Pour Cognizant, la valeur de l’IA repose avant tout sur la complémentarité entre intelligence artificielle et intelligence humaine. Ainsi, le jugement, la créativité et l’adaptabilité demeurent au coeur de la transformation, tandis que de nouveaux rôles émergent pour exploiter ces technologies dans des contextes professionnels bien spécifiques.

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