L’IA fragilise les géants du logiciel et fait vaciller leurs valorisations en bourse

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Depuis plusieurs semaines, un vent de nervosité souffle sur les marchés financiers, et plus particulièrement sur les valeurs technologiques liées au logiciel. Longtemps perçu comme un pilier stable de la croissance numérique, le modèle du logiciel d’entreprise est aujourd’hui questionné par la montée en puissance de l’intelligence artificielle.

Et à mesure que les outils d’IA deviennent capables de produire, modifier et automatiser du code, les investisseurs et les analystes réévaluent les perspectives d’un secteur qui semblait jusqu’ici intouchable…

Quand l’IA remet en cause le modèle du logiciel d’entreprise

L’expression « software is eating the world« , popularisée en 2011 par Marc Andreessen, semble désormais dépassée. En effet, pour certains acteurs du marché, l’IA serait en train de « manger le logiciel« .

Concrètement, de plus en plus d’entreprises réalisent qu’elles peuvent développer leurs propres outils internes à l’aide de modèles d’IA, sans dépendre systématiquement d’éditeurs SaaS. Cela a pour conséquence de voir la promesse historique des logiciels standardisés, vendus sous forme d’abonnements, perdre de sa force.

Cette évolution n’est pas passée inaperçue en bourse, car en l’espace de quelques jours, des groupes comme Salesforce, ServiceNow, SAP ou Oracle ont vu leur valorisation reculer de 10 à 20%.

Le déclic est souvent lié à des annonces d’acteurs de l’IA générative, comme Anthropic, capables de proposer des agents autonomes qui automatisent des fonctionnalités autour des ventes, du juridique, de la finance ou du marketing.

Pour les investisseurs, la question est simple : si une entreprise peut créer ses propres outils avec l’IA, pourquoi continuer à payer plusieurs licences ?

Une rotation boursière au profit des industriels

Paradoxalement, cette défiance envers les éditeurs de logiciels ne signifie pas un rejet global de l’IA par les marchés. A la place, les capitaux se déplacent vers des entreprises industrielles, agricoles ou même biotechnologiques, qui utilisent l’IA comme levier d’efficacité opérationnelle.

John Deere, Caterpillar, Siemens ou encore Walmart enchaînent les records boursiers, portés par des gains de productivité tangibles avec une maintenance prédictive, l’optimisation des chaînes logistiques, une réduction des coûts ou l’automatisation avancée.

Les marchés semblent ainsi distinguer les entreprises dont le modèle économique est fragilisé par l’IA, et celles qui l’exploitent pour renforcer leur avantage compétitif. Dans cette lecture, l’IA n’est plus seulement une promesse technologique, mais un facteur direct de création, ou de destruction, de valeur.

Les éditeurs de logiciels face à un choix stratégique

Pour les acteurs historiques du logiciel, l’enjeu est désormais d’intégrer l’IA de manière crédible dans leurs produits, ou de risquer une érosion durable de leur valorisation.

Certains tentent de s’adapter, à l’image d’Adobe avec Firefly ou de ServiceNow avec des agents autonomes, mais les résultats financiers tardent à convaincre.

D’autres, comme Palantir ou des acteurs verticaux plus spécialisés, parviennent à tirer leur épingle du jeu en proposant des plateformes permettant aux entreprises de construire leurs propres applications IA.

Pour la bourse, l’IA ne se contente plus d’améliorer le logiciel, elle oblige tout un secteur à se réinventer, sous peine de voir ses modèles historiques perdre leur attrait aux yeux des investisseurs.

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