Jusqu’à 5 millions d’emplois menacés à court terme en France à cause de l’IA selon une étude

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L’intelligence artificielle continue de s’imposer dans les entreprises, mais ses effets sur l’emploi restent encore difficiles à mesurer avec précision.

Entre les promesses de gains de productivité et les inquiétudes sur la disparition de certains métiers, les projections se multiplient. En effet, une récente étude apporte un éclairage particulièrement marquant sur le cas français, avec des estimations qui interrogent autant les entreprises que les pouvoirs publics…

Jusqu’à 16% des emplois menacés à court terme

D’après une étude menée par Coface et l’OEM (Observatoire des emplois menacés et émergents), l’impact de l’IA pourrait s’accélérer rapidement. Aujourd’hui, seuls 3,8% des emplois sont considérés comme fragilisés, mais à l’horizon de deux à cinq ans, ce chiffre pourrait atteindre 16,3%, soit près de 5 millions de travailleurs en France.

Cette progression repose notamment sur l’essor de l’IA dite « agentique« , capable de prendre des décisions de manière autonome. Ce type de technologie élargit considérablement le champ des tâches automatisables, y compris dans des secteurs jusqu’ici relativement préservés.

Selon l’étude, les métiers les plus exposés sont ceux qui reposent sur le traitement de l’information et des tâches cognitives. L’architecture et l’ingénierie arrivent en tête, suivies de l’informatique, des mathématiques et des fonctions administratives. Les professions créatives, juridiques ou encore liées aux médias figurent également parmi les plus vulnérables.

Les cadres et les grandes villes en première ligne…

Contrairement aux précédentes vagues d’automatisation, ce sont ici les profils qualifiés et les emplois de bureau qui sont les plus touchés. Les cadres et les hauts revenus apparaissent particulièrement exposés, avec environ 22% des emplois menacés parmi les 10% les mieux rémunérés.

A terme, cette situation pourrait avoir des répercussions directes sur les finances publiques, car une baisse des cotisations sociales, combinée à une hausse des indemnisations chômage, créerait un effet de déséquilibre.

Sur le plan territorial, l’impact serait également inégal, car les grandes métropoles concentrent les métiers les plus exposés. À Paris, près d’un emploi sur cinq pourrait être concerné, contre des proportions plus faibles dans les villes moyennes ou rurales.

Une transformation plus qu’une disparition totale ?

La vitesse d’adoption de ces technologies est encore une grande incertitude qui pourrait remettre en cause ce constat. Si certains scénarios évoquent des transformations rapides, d’autres experts appellent à la prudence.

Par ailleurs, l’histoire des précédentes révolutions technologiques montre que les mutations du travail s’inscrivent souvent dans le temps long. Et au delà de ces craintes, les effets positifs de l’IA ne sont pas à exclure, si bien que certaines études montrent que les entreprises les plus avancées sur ces sujets continuent de recruter.

Dans le cadre d’une mutation profonde de l’emploi, de nombreux travailleurs pourraient ainsi évoluer vers des rôles de supervision, de validation ou de collaboration avec les systèmes d’IA…

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